La performance artistique a constitué un terrain essentiel pour les artistes femmes, plusieurs sont les artistes femmes qu’ont trouvé en la performance son moyen préféré d’expression artistique. Depuis les années 1960-70, des figures majeures come Marina Abramović, Gina Pane ou Niki de Saint Phalle ont bouleversé les canons esthétiques, faisant de la performance un art féministe et engagé.

Pourquoi la performance est-elle si importante pour les artistes femmes ?
La performance offre un espace de visibilité et d’expression pour revendiquer une place dans le scenario artistique, elles ont souvent utilisé leur propre corps comme outil de critique sociale et politique. Les historiens de l’art croyant aussi que cette préférence des artistes femmes pour la performance peut être dû que c’était un territoire inexploré, il n’y avait point de comparaison avec d’autres artistes, c’était un territoire libre et elles se sentaient libres aussi pour imaginer et créer.
Comme outil de revendication e de libération, les femmes ont utilisé le body art pour contrer les représentations stéréotypées des corps des femmes, qui ont été toujours vus travers un regard souvent masculin. Elles ont transformé leur corps en sujet d’action, plutôt qu’en simple objet. La réappropriation du corps féminin est une des caractéristiques plus importantes dans les performances des artistes femmes.

Cette réappropriation du corps des femmes nous amène aux œuvres avec un engagement féministe, puisque la performance permet d’aborder thèmes intimes et politiques. C’était un outil important pour remettre en question les rôles et les normes de genre, et la place des femmes dans la société.
La performance a aussi permis de briser certaines barrières, comme l’invisibilisation historique dans les institutions, musées et les livres. Invisibilisation dénoncée notamment par des collectifs comme les Guerrilla Girls.
Les artistes clés

Bien sûr que quand on parle de performance le premier nom qu’on se souvient c’est : Marina Abramović. Elle est probablement l’artiste de performance la plus importante de nos jours, connue pour des performances extrêmes qu’interrogent thèmes comme l’intimité, la douleur, les relations personales, et la relation au public. Abramović fait partie du courant artistique du body art, se retrouvant physiquement en danger quelques fois, une fois presque morte asphyxiée, sous un rideau de flammes, pendant des performances brutales et perturbantes.
« Je suis intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. Et puis, l’observation du public doit être dans l’ici et maintenant. Garder l’attention sur le danger, c’est se mettre au centre de l’instant présent. »
Gina Pane était une artiste française pionnière du body art, dans ses performances elle explorait les limites du corps. Ses « actions » (car elle préférait se mot à performance ou happening qui induisent une connotation théâtrale) comporte 3 phases : La première est l’étape de préparation, la deuxième c’est la réalisation de l’action elle-même, la dernière étape, la sélection des photographies. La parole était exclue de l’action, elle utilisait son corps comme moyen de communication, il devenait langage.

Il y a deux artistes contemporaines que mêlant poétique et politique à travers de ses installations et performances, ce sont : l’artiste japonaise Yayoi Kusama et l’artistes palestinienne Mona Hatoum. Les performances de Yayoi Kusama sont souvent appelées happenings, elles constituent un pilier central de son œuvre, surtout dans ses années à New York, pour elle c’était un moyen d’explorer le concept d’auto-oblitération (effacement de soi), où l’individu se dissout dans l’univers par la répétition infinie de motifs.

Les performances de Mona Hatoum, principalement celles réalisées dans les années 1980, marquent une période intense où l’artiste palestinienne utilisait son propre corps comme un instrument de résistance politique et d’exploration de la douleur. Contrairement à ses installations plus tardives, ses performances étaient souvent des actes d’endurance physique extrême, visant à rendre visible la vulnérabilité face à l’oppression et à l’exil.

Vanesa Beecroft est une artiste italienne célèbre par ses « tableaux vivants » qui sont des installations humaines. L’artiste met en scène des groupes de mannequins, souvent presque nus ou uniformément vêtus, qui doivent rester quasi immobiles pendant plusieurs heures, créant une tension entre l’objet de consommation et l’être humain.

Il existe de nombreuses autres artistes dont l’œuvre est importante pour l’histoire de la performance ; l’objectif ici était de n’en présenter que quelques-unes. J’avoue qu’il a été assez difficile de faire une sélection car j’aimerais parler de chacune d’elles… mais nous reparlerons certainement de la performance.
La performance féministe aujourd’hui
Les préoccupations ont changé, c’est-à-dire, ont évolué vers un féminisme intersectionnel. Aujourd’hui les performances queer-féministes ne traitent pas juste de la diversité des corps, mais aussi de la diversités de identités. Néanmoins, la visibilité dans les festivals et les institutions reste un combat, avec une sous-représentation notée par exemple dans le milieu de la musique, où la part des femmes reste faible.
Références :
- Aware Women Artists
- Online Gallery Art
- Livre: La performance, un espace de visibilité pour les femmes artistes ? (Aware Women Artists)
- Journals Open Edition: La performance queerféministe : un artivisme avant‑gardiste ?
- Images: WikiArt et Pinterest

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